Conférence Episcopale Nationale  du Congo

 

 

LES CHRETIENS DE LA RDC SE SOUVIEDRONT  DU PAPE POUR TOUJOURS…

 

Kinshasa, 5 avril 2005 –(D.I.A)– Le pape Jean-Paul II a visité le Congo-Kinshasa à deux reprises , en 1980 et en 1985. Quelques catholiques de Kinshasa, interrogés par l'Agence catholique Dia disent avoir gardé de lui l'image d'un homme simple, humain, pacifique, serein et constant dans la foi.  

"Son humanisme, le pape l’a démontré lors de  sa première visite en 1980", a déclaré Mulanga, une demoiselle consacrée.  "Il a compati avec les familles des victimes du palais du peuple lors de l’Eucharistie suite à l’engouement", a précisé la dame. Celle-ci a vu en Jean-Paul II, un souverain pontifie qui a promu la femme.  Mlle Mulanga, formatrice à la Cartec (Coordination des actions pour la réussite de la transition de l'Eglise catholique) a illustré ses propos en citant les nominations de deux femmes à la commission théologique internationale pour aider la congrégation  pour la doctrine de la foi dans le domaine de la théologie. Il s'agit d'une américaine sœur Sara Butler et d'une allemande Mme Barbara Hallensleber.

"Jean-Paul II est un pacificateur. Il l’a prouvé en militant contre la guerre en Irak, son engagement pour la démolition du mur de Berlin". Telle est l'image que garde M. Théophile Babala, responsable du secrétariat administratif de la Conférence épiscopale nationale du Congo-Kinshasa, Cenco. "Le pape n’aimait pas entendre parler de la guerre ; l’arme était son ennemi",  précise-t-il. M. Babala affirme avoir vu le pape à deux reprises lors de ces deux visites en Rdc. La première fut  apostolique, il avait ordonné trois évêques dont Mgr Monsengwo, archevêque de Kisangani, Mgr Kinga, évêque de Lisala et Mgr Kimpende, évêque de Kalemie.

( M. Théo Babala saluant le pape lors de sa visite en 1980)

Le responsable du secrétariat administratif de la Cenco qui avait serré la main du pape, dit avoir rencontré un homme serein et ouvert. De ce geste de salutation, il garde un "souvenir inoubliable !"  "Quand il te saluait, tu sentais son regard fixé sur toi, très apaisant !",  précise M. Babala. Et d'affirmer : " L’ambiance qui a régné  lors de sa visite était celle d’un père qui retrouver ses enfants après une longue durée », affirme M.Babala.

Pour ce catholique, Jean-Paul II était ouvert à toutes les races. Lors de sa deuxième visite en 1985, le pape a béatifié la sœur Marie-Clémentine  Anuarité Nengapeta. Par ce geste, M. Babala a compris que le Saint-Père était vraiment ouvert à toutes les races.

"Sa simplicité m’a marqué particulièrement, il est entré dans nos bureaux et a salué chacun individuellement, il nous a encouragé à travailler dans les milieux ecclésiastique", déclare Dieudonné Lele, chargé de l’impression et de l’expédition de l’agence catholique Dia.  Un autre agent se souvient aussi de la visite du pape au Centre interdiocésain, siège de l'épiscopat congolais, en 1985. "Serrer la main de quelqu’un constitue un acte banal", estime M. Joseph Kiala, secrétaire de rédaction.  "Ce geste, me parut d’une densité symbolique le jour où j’ai pu serrer la main d’un pape, Jean –Paul II", déclare le journaliste qui à l'époque était  jeune.

( Mgr Kataliko, regretté  archevêque de Bukavu, saluant le pape - Photo Fomeka.news)

Les jeunes de Bukavu, par ailleurs, se recueillent autour de la croix pour dire adieu à Jean-Paul II. "Dans toutes les paroisses du diocèse de Bukavu on prie pour Jean-Paul II avec beaucoup de ferveur", a indiqué à l'agence Fides le père Gianni Bretagnani, supérieur régional des Xavériens, à Bukavu dans l'Est de la Rdc. Et d'ajouter : "Durant la sainte messe que j’ai célébrée ce matin, j’ai voulu réconforté les fidèles en soulignant que le pape est mort la veille de la fête de la miséricorde divine qu’il a institué lui- même. J’ai dit aussi que pour ceux qui ont la foi la mort contient un message d’espérance. Les jeunes sont les plus désireux d’embrasser le saint père une dernière fois".

            Dans le diocèse d'Isiro-Niangara, dans le Nord de la RDC, où est enterré la bienheureuse Anuarité, les chrétiens se souviennent de ce pape qui leur a donné leur première bienheureuse.

            Un jour avant sa mort, Jean-Paul II a nommé Mgr Dieudonné Uringi comme évêque du diocèse de Bunia. Le nouvel évêque était séminariste, étudiant en troisième de  philosophie, lorsque le pape est venu visiter les catholiques de Kisangani. Le nouvel évêque garde du pape l'image d' un pasteur qui a aimé l'Afrique, le Congo-Kinshasa et La Province Orientale. "Son amour s'est manifesté de nouveau en donnant un pasteur au peuple de Dieu qui est à Bunia, à un jour avant sa mort", estime le prélat. " Cette nomination signifie que Jean-Paul a continué à jeter un regard d'amour sur notre diocèse jusqu'à la fin de sa vie", a poursuivi le prélat.  Et d'ajouter : " Comme évêque, je prends comme modèle Jean-Paul II qui, comme un père de famille, a cherché à créer l'harmonie dans l'Eglise en respectant les diversités. Comme pasteur, je vais promouvoir, à l'instar de Jean-Paul II, la fraternité entre les hommes et les femmes de mon diocèse.  ( De nos stagiaires Evelyne Luyelo et Carmel Mbwebwa, Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication, Agence catholique D.I.A.)