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ROME, Jeudi 15 octobre 2009 (ZENIT.org)
- Nous publions ci-dessous les interventions écrites qui ont été remises à
la secrétairerie générale du Synode mais qui n’ont pas été prononcées en
salle (traductions non officielles, remises par la secrétairerie générale du
synode).
Prof. Gustave LUNJIWIRE-NTAKO-NNANVUME, Secrétaire
international du Mouvement d’Action Catholique Xavéri (M.A.C. Xavéri),
Responsable chargé du laïcat dans la Région de Kivu, (République
Démocratique du Congo) (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Un bref aperçu objectif sur l’Afrique de ces temps nous révèle que
60% à 70% de la population africaine ont moins de 30 ans. Cette jeunesse vit
dans des crises. Quoique Africains, les jeunes sont davantage tournés vers
un style de vie, d’attitudes, de valeurs et de pensée inspirés du monde
occidental.
Ils mènent généralement une vie sans idéal et sans espoir d’un lendemain
sûr. Ceux qui ont la chance d’étudier le font sans espoir d’emploi à court
ou à moyen terme.
Il s’en suit un chômage systématique et une dispersion de la jeunesse
caractérisée par l’engagement dans les groupes armés, la fuite des cerveaux
et les immigrations clandestines, la délinquance juvénile sous toutes ses
formes, la toxicomanie, la prostitution, etc.
L’inadéquation entre les infrastructures d’éducation et l’évolution
démographique a des effets néfastes sur la capacité de la jeunesse avec
toutes les conséquences que cela implique à tous les niveaux.
Moralement vulnérables, c’est par eux que passent les nouvelles idéologies,
les sectes, l’homosexualité, la toxicomanie, le trafic des êtres humains, le
recrutement des mercenaires et des rebelles armés.
Futurs dirigeants des institutions gouvernementales et ecclésiales, les
jeunes ne bénéficient pas d’une attention et d’un accompagnement
proportionnels a leur importance démographique.
La durabilité de la réconciliation, de la justice et la paix en Afrique,
pourrait avoir comme acteurs les jeunes et les Mouvements d’Action
catholique à l’instar du Mouvement Xaveri.
Cette mission à leur confier requiert la formation permanente des cadres. En
outre, il conviendrait de promouvoir l’inculturation, de favoriser et de
soutenir les rencontres des jeunes et des membres des mouvements de divers
pays et de diverses régions afin de leur offrir des occasions d’échanges
d’expériences de paix de justice promoteurs de la cohabitation pacifique ;
et agents d’Évangélisation témoins de leur foi dans le contexte africain
actuel, aimant leur culture et s’y référant pour la transmission du Message
et le développement.
Synthèse des interventions du 12 octobre (ap-midi)
Douzième congrégation générale
ROME, Mardi 13 octobre 2009 (ZENIT.org)
- Les synthèses des discours des pères du synode sur l'Afrique, intervenus
lors de la douzième Congrégation générale, lundi 12 octobre dans
l'après-midi
Mgr Laurent
MONSENGWO
PASINYA, Archevêque de Kinshasa (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
La paix va de pair avec la justice, et la justice avec le droit, le
droit avec la vérité.
Sans la justice, la paix sociale est mise à mal. Il faut donc à tout prix
promouvoir des États de droit, où règne le primat de la loi, notamment la
loi constitutionnelle; États de droit où l'arbitraire et la subjectivité ne
créent pas la loi de la jungle; des États de droit où la souveraineté
nationale est reconnue et respectée; des États de droit où est rendu
équitablement à chacun ce qui lui est dû.
Sans la vérité, il est difficile d'assurer la justice et de dire le droit.
La conséquence en est que droit et non droit auraient égal droit de cité; ce
qui rendrait impossible un ordre harmonieux des choses ou "tranquillitas
ordinis". "Dans la vérité, la paix" (Benoît XVI).
Voilà pourquoi dans la recherche des solutions de paix, toutes les démarches
notamment diplomatiques et politiques viseront à rétablir la vérité, la
justice et le droit.
Le Christ est notre paix, Il a fait la paix, Il a proclamé la paix, parce
que des juifs et des païens Il a fait un seul peuple. Non pas en laissant
les uns et les autres dans leurs privilèges et leurs droits, mais en
abolissant l'exclusion, en abattant le mur de séparation cultuelle et
sociale, en détruisant la haine qu'Il a crucifiée dans Son Corps sur la
croix. Juifs et gentils ne sont plus des étrangers, des lointains, mais des
proches, des concitoyens des saints, et les uns et les autres ont un même
héritage (Ep 3, 6) appartenant jadis au seul Israël. Il fit ainsi un homme
nouveau, pour les réconcilier tous les deux à Dieu et leur donner accès au
Père par l'Esprit.
C'est en supprimant toutes les barrières, l'exclusion, les lois
discriminatoires dans le culte et la société, et surtout en tuant la haine
qu'on réconcilie les hommes et qu'on fait la paix.
Synthèse des
interventions du 12 octobre (matin)
Onzième congrégation générale
- Mgr Jean-Pierre TAFUNGA, S.D.B., Archevêque
Coadjuteur de Lubumbashi (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Dans la plupart des cultures africaines, le mal est conçu comme une
conséquence d'une transgression de ce qui est prescrit, qu'il s'agisse des
préceptes divins - qui appellent inconditionnellement obéissance et
soumission - ou d'une loi sociale dictée par les autorités qui gouvernent ou
encore des interdits ou prescriptions rituelles. Tout acte qui diminue ou
détruit la vie et tout acte ou attitude et comportement qui brise l'unité,
l'ordre ou l'harmonie des choses est considéré comme étant un mal.
Suivant le genre de fautes commises, la personne concernée est appelée à
avouer en toute franchise le mal commis. Cet aveu généralement se fait
devant le chef, garant de l'ordre social ou devant un guérisseur. Dans
certains cas, l'aveu se fait devant la communauté. L'incriminé est appelé à
manifester sa ferme résolution de réparer nécessairement le tort causé.
Est concerné dans la réparation l'individu qui a commis le forfait ou à
défaut, sa famille. La réparation se fait en payant les frais prescrits, les
dommages et intérêts. Suivant les cultures, les frais équivalent à une somme
d'argent prescrite par la tradition selon la gravité de la faute. Les
dommages intérêts consistent à offrir un animal vivant ou un produit de la
chasse.
Les personnes lésées peuvent alors accorder le pardon à ceux qui les ont
offensées. La réparation clôt le processus aussitôt que la personne est
pardonnée et la réparation effectuée.
Le point culminant de la réparation est le rite de réconciliation. Par peur
de châtiment (mort subite, brutale, inopinée, etc) qui proviendrait
directement de Dieu ou d'un féticheur, le transgresseur devrait accomplir le
rite de réconciliation pour parfaire sa démarche et obtenir le pardon. Ce
rite se déroulait en un endroit sacré, devant la communauté et l'officiant
(mystagogue) qui présidait la cérémonie.
Les formules d'aveu, les attitudes du pénitent, les sévices corporels, les
matières et objets utilisés et leur symbolisme ainsi que les gestes et
formules que prononce l'officiant pour purifier le pénitent diffèrent
suivant les tribus.
L'aveu est toujours suivi des conseils et des admonitions sévères pour aider
à la conversion définitive. Il s'accompagne des rites parmi lesquels l'on
doit signaler notamment : la cérémonie ritualisée de la bénédiction et du
grand pardon ; le repas festif et communautaire, symbole de joie d'avoir
recouvert la bonne situation d'avant la faute et d'avoir réconcilié les
membres d'une communauté ; le paiement des honoraires à l'officiant; le rite
d'apaisement des fétiches vengeurs ou des esprits lorsqu'on est maudit par
l'offensé.
- Mgr Louis NZALA KIANZA, Évêque de Popokabaka (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
DU CONGO)
Nous pensons qu'il est impérieux que la solidarité ainsi envisagée ne se
limite pas à l'échange d'expériences pastorales, mais prenne en compte
nécessairement la question vitale du partage du personnel et des biens.
En effet, les graves problèmes de la pauvreté, de la misère, de la tragédie
de la faim, du manque d'accès aux soins médicaux et à d'autres besoins
primordiaux que connaissent la plupart des pays africains, exigent de nos
Églises aujourd'hui un nouvel esprit de solidarité, de communion et de
charité inventive. Les Églises d'Afrique doivent être plus audacieuses,
inventives et pro-actives pour développer les structures susceptibles
d'inscrire dans leur praxis ecclésiale cette solidarité organique.
Sans négliger la dimension importante de solidarité au niveau de l'Église
universelle, il est temps de développer davantage les rapports de solidarité
au sein d'un même diocèse, entre différents diocèses, au sein d'une même
conférence épiscopale et entre les différentes conférences épiscopales en
Afrique.
Nous pensons qu'à l'heure où nous parlons de justice et de paix, il est
urgent d'actualiser la constitution des fonds de solidarité au niveau
diocésain, national, régional et continental. Un tel fonds de solidarité
pourrait nous aider au niveau africain d'intervenir dans la mesure de nos
moyens sans attendre tout de l'Occident. Les Caritas diocésaines,
nationales, régionales et continentales peuvent être les instruments
appropriés pour la constitution de ce fonds.
Nous estimons que l'enjeu de la mise en oeuvre effective de cette solidarité
pastorale dans les Églises d'Afrique est une exigence à la fois éthique et
théologique. Elle a un fondement christologique et s'enracine au coeur de la
foi. Elle n'est donc pas un simple parti pris social ou politique.
- Mgr Théophile KABOY RUBONEKA, Évêque Coadjuteur de
Goma (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Les conflits et les guerres ont conduit, particulièrement en RD Congo, à la
victimisation et à la "chosification" de la femme. Sur des milliers de
femmes ont été perpétrées, par tous les groupes armés, des violences
sexuelles massives, comme arme de guerre, en violation flagrante des
dispositions juridiques internationales.
Partant de notre expérience en cours en RD Congo, pour soulager tant soit
peu les conséquences et les traumatismes subis par les femmes et les
enfants, nous proposons:
1. Lutter contre les violences sexuelles en remontant à leur dernière cause,
à savoir la crise de la gouvernance qui se manifeste par les guerres, les
pillages et l'exploitation anarchique des 1ressources naturelles, la
circulation des armes, l'entretien des milices, l'absence d'une armée forte
et républicaine, etc.
2. La création des maisons de la femme et de la jeune fille comme centres
d'écoute et d'accompagnement des femmes violées et traumatisées.
3. L'implication directe des femmes dans les Commissions "Justice et Paix":
pour que les femmes promeuvent la paix et luttent contre des idées
avilissantes sur elles, véhiculées par la nouvelle éthique mondiale et par
certaines traditions culturelles.
4. La formation par la Catéchèse et l'alphabétisation conscientisante des
femmes pour permettre à la femme de jouer adéquatement son rôle. Elle
s'articule autour de trois modules, tels que: Dignité et vocation de la
femme, la femme comme artisan de la paix et la Femme en tant qu'actrice du
changement social.
5. La mise en place de structures de promotion de la femme. Il pourrait
s'agir d'organisations des femmes qui s'occupent de différentes activités au
niveau paroissial et diocésain; des Centres de formation des femmes pour la
paix.
Synode : Synthèse des interventions
du 10 octobre (matin)
Dixième Congrégation générale
- Mgr Fridolin AMBONGO BESUNGU, O.F.M. Cap., Évêque
de Bokungu-Ikela (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
L'exploitation des ressources naturelles est une des conditions pour une
paix durable en RDC. En effet, les guerres à répétition que nous venons de
vivre ont révélé que les ressources naturelles qui font de la RDC un
"scandale géologique" constituent à la fois un bonheur, c'est-à-dire, un
important atout économique pour le redressement du pays et un malheur,
c'est-à-dire, une source permanente de convoitise, de conflits, de
corruption voire d'une mafia internationale dont certains congolais sont
complices. Les principales causes de ces guerres économiques qui remettent
en cause le principe de la souveraineté des peuples sur leurs ressources
sont: l'inexistence d'un cadre juridique international contraignant pour les
multinationales et les industries extractives transnationales; la
militarisation du secteur minier; l'explosion de la demande de certains
minerais désormais stratégiques; la subordination des intérêts diplomatiques
aux intérêts économiques des Grandes puissances; le non respect de la
dignité du peuple congolais dont on n'apprécie que les richesses; la volonté
de balkanisation de la RDC au profit des états nains facilement
manipulables, etc. La CENCO intervient dans trois domaines prioritaires. La
CENCO a créé une Commission épiscopale ad hoc pour les ressources naturelles
chargée de suivre de près la question de l'exploitation des ressources. Par
rapport à l'éducation, la CENCO a publié un vade-mecum du citoyen sur la
gestion des ressources naturelles. Ce document place l'homme au centre de
l'exploitation des ressources naturelles; il aide les citoyens à s'organiser
à la base pour réclamer des multinationales le respect des responsabilités
sociales des entreprises ; faire respecter les droits humains et des
communautés. Étant donné la dimension internationale de la question de
l'exploitation des ressources, la CENCO attend que les Églises sœurs élèvent
la voix, en solidarité avec ce peuple qui a tant souffert, pour que la
gestion de ces ressources dans le respect du droit puisse devenir une
occasion de fraternité et de développement.
- Mgr Marcel MADILA BASANGUKA, Archevêque de Kananga
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Toutes les formes des violences connues ces dernières années en Afrique et
plus spécialement en RD Congo, ont influencé négativement la nature,
l'existence et le fonctionnement de la famille. L'on pourrait dire que la
famille en tant que telle est dans le collimateur de ceux qui ne veulent pas
la paix et la réconciliation en Afrique.
Comme nous le demande l'Instrumentum laboris en son N° 20, cette auguste
Assemblée peut-elle élaborer en faveur de la famille au regard des
différents défis enregistrés durant ces assises?
Nous suggérons 6 stratégies et programmes de service:
- Former et conscientiser les élus chrétiens qui participent à l'élaboration
des lois sur la famille afin de défendre la dignité et la noblesse de cette
institution. Les instruments juridiques sont très importants dans les
systèmes démocratiques aujourd'hui;
- Dénoncer "les dictatures et un certain colonialisme législatif" dont
l'Afrique est souvent victime en ce qui regarde la famille;
- Vulgariser la charte des droits de la famille et avoir l'audace de la
proposer à la communauté politique dans le cadre des débats démocratiques
entre gouvernants et gouvernés ;
- Aider l'Afrique à ne pas subir les contraintes de certains Organismes qui
lui imposent leurs
visions de la famille en vertu de l'aide apportée.
- Encourager l'expansion des Associations sur la famille ou en ériger des
nouvelles pour consolider la famille, faire rayonner la dignité et la
noblesse du sacrement de mariage;
- Introduire dans les séminaires et d'autres maisons de formation des
analyses socio-pastorales contextuelles aux fins de dénicher, de critiquer
et de prévenir les menaces et les risques qui pèsent sur l'institution
familiale.
Huitième Congrégation générale
ROME, Jeudi 8 octobre 2009 (ZENIT.org)
- Nous publions ci-dessous les synthèses des discours des pères du synode
sur l'Afrique, intervenus lors de la huitième Congrégation générale,
vendredi 9 octobre dans la matinée.
- Rév. P. Edouard TSIMBA, C.I.C.M., Supérieur Général de la Congrégation du
Coeur Immaculé de Marie (Missionnaires de Scheut) (UNION SUPÉRIEURS
GÉNÉRAUX)
Des hommes et des femmes, fidèles à l'Évangile, s'engagent, parfois jusqu'au
martyre, pour un monde plus juste et plus solidaire. Nos populations ont
réussi certaines réconciliations nationales qui sont des modèles pour les
autres continents. Le regard que beaucoup jettent sur des sociétés qu'on dit
en panne de croissance doit donc changer.
Mais beaucoup reste à faire. Nos belles déclarations, nos documents ne
changent pas automatiquement la réalité de nos peuples. Les messages de
réconciliation, de paix, de justice et d'unité ne sont pas d'abord pour
l'extérieur. Il sont aussi pour nous-mêmes parce que la crise dehors est
aussi "ad intra". La réconciliation ne se fera pas par des discours et des
déclarations. Elle est une option fondamentale de vie qui demande de notre
part une conversion quotidienne, à l'intérieur de notre Église et de nos
communautés. Notre mission de guérir les relations entre les personnes ne
s'accomplira que si déjà dans nos propres communautés se pratiquent le vrai
pardon, la recherche de la vérité, le souci de justice, bref un vrai amour
dans une vraie communauté de frères et de sœurs ... Rien ne sert d'aller
parler de la paix aux autres si une vraie paix ne règne pas dans nos propres
communautés.
Il nous faut rafraîchir la manière de penser nos engagements religieux. Des
temps de formation permanente deviennent indispensables. Il est aussi
indispensable que nous promouvions un mouvement efficace de re-fondation.
Que nos écoles et nos universités catholiques forment des cœurs et pas
seulement des têtes; que les usines de fabrication d'armes de guerres
cessent d'exister.
- Mgr Joseph KUMUONDALA MBIMBA, Archevêque de Mbandaka-Bikoro (RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Depuis l'implantation de l'Église en Afrique et plus spécialement en RD
Congo, l'éducation scolaire a toujours bénéficié d'une singulière attention
de l'Église. Pour celle-ci, les écoles de tous les niveaux ainsi que les
instituts supérieurs et les universités constituent des Iieux d'apostolat.
L'Église s'y investit pour assurer une formation intégrale de l'homme selon
la vision évangélique aux fins de garantir son épanouissement et de le
rendre apte à mettre ses talents au service de la communauté.
Cependant, la crise multiforme liée à des guerres à répétition a entraîné
des conséquences déplorables dans le secteur de l'éducation. Ces
conséquences déplorables risquent de perdurer trop longtemps si l'on n'y
prend pas garde. Car, une éducation mal assurée compromet l'avenir de
générations de jeunes et sacrifie des potentialités qui auraient servi à
toute la nation. Ce qui est injuste et ne garantit pas la paix. Car les
jeunes frustrés sont à la merci des pêcheurs en eau trouble.
Dans un climat de complaisance engendré par des pratiques malhonnêtes, la
qualité de l'enseignement n'est pas garantie. Les organisateurs, les
gestionnaires et les parents sont conscients que les diplômes délivrés ne
représentent pas un niveau intellectuel et moral approprié aux exigences du
monde scientifique et de travail. Naturellement, l'Église qui continue
d'investir une bonne partie de son personnel n'est pas satisfaite par ces
résultats.
1. Imaginer un système de gestion scolaire qui garantit la liberté de
l'Église pour une formation qualitative de la jeunesse ;
2. Solliciter un partenariat direct entre les organismes internationaux
(UNESCO) et l'Église pour que les moyens alloués à la formation des jeunes
puissent profiter réellement et directement à l'éducation de la jeunesse ;
3. Que les Congrégations ayant comme charisme l'éducation s'investissent
davantage dans les écoles en veillant surtout aux enfants des pauvres pour
empêcher l'émergence des classes sociales.
4.Que la formation à assurer vise la création d'emplois.
Ce faisant, nous sommes persuadé que l'Église qui est en Afrique pourrait
accomplir tel qu'i1 se doit sa mission dans ce milieu où s'invente l'avenir;
elle sera ·alors en mesure de garantir à tous les jeunes, les mêmes
opportunités et les mêmes chances pour un avenir de justice et de paix.
- Rév. P. Jacob BEYA KADUMBU, C.I., Vicaire Général des Joséphites de
Belgique (UNION SUPÉRIEURS GÉNÉRAUX)
Le premier synode africain avait défini les communautés ecclésiales vivantes
comme une priorité pastorale des Églises d'Afrique. De ce fait, l'Église en
Afrique ne peut pas relever les défis de la réconciliation, de la justice et
de la paix, en ignorant l'expérience et l'apport de ces petites communautés.
Elles sont des lieux de prévention et de résolution des conflits, des lieux
où le mystère du Christ se révèle et devient réalité connue, crue et vécue.
Dans ces communautés, règnent la gratuité, la solidarité, un sort commun;
chacun y est motivé à construire la Famille de Dieu, famille entièrement
ouverte sur le monde, et qui n'exclut absolument personne.
Malheureusement, cette approche est loin d'être la réalité. En témoignent
certains massacres et pillages en Afrique, où sont impliqués quelques
membres des CEV. La sincérité de leur fraternité et de leur solidarité est
remise en question. Il devient donc nécessaire et urgent que la fraternité
humaine des CEV cesse de se fonder sur le sang pour se greffer sur la foi en
Jésus-Christ.
En dehors du sacrement de la réconciliation, instrument privilégié de la
réconciliation avec Dieu, avec soi-même et avec les autres, les CEV vivent
d'autres expériences de réconciliation, comme la palabre, que l'on ne peut
pas sous-estimer.
En définitive, les CEV demeurent les lieux de célébration et de vie des
vertus théologales.
Nous publions, ci-dessous, les résumés des interventions des Auditeurs et
Auditrices:
- Soeur Pauline ODIA BUKASA, F.M.S., Supérieure Général des Soeurs
"Ba-Maria", Buta Uele (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
La femme est marginalisée à tous les niveaux. Elle est presque exclue du
processus global du développement du continent. Elle est victime des us et
coutumes ancestrales et c'est elle qui, actuellement, porte le poids de tous
les conflits armés qui déchirent l'Afrique et principalement la R.D. Congo.
En ce moment où l'Église en Afrique s'engage à travailler pour la
réconciliation de ses fils et filles, la femme ne peut plus être ignorée.
Elle y a un grand rôle à jouer. De nos jours, le dynamisme et la
détermination des femmes à pourvoir à la survie de leurs foyers, à
l'entretien et à l'éducation de leurs enfants est une ressource à
capitaliser pour sa pleine implication dans le processus de la
réconciliation en vue de la paix véritable.
Tout en reconnaissant les efforts que vous déployez déjà en faveur de la
dignité de la femme, nous, vos mamans et femmes consacrées, vous demandons à
vous nos Pères les Évêques dans cette Église-Famille de: Promouvoir la
dignité de la femme en lui assurant des espaces nécessaires pour le
déploiement de ses talents dans les structures ecclésiales et sociales;
Promouvoir les associations ou les ONGD féminines qui luttent déjà pour la
promotion de la femme à travers l'alphabétisation et l'éducation; Reprendre
et créer des écoles par l'Église catholique pour assurer à la jeunesse une
éducation aux valeurs chrétiennes, africaines et humaines susceptibles de
consolider la structure familiale; Dénoncer toutes les violations faites aux
femmes, aux enfants et tout un peuple et dire tout haut aux auteurs de cette
tragédie, tant au niveau national qu'international, la grave responsabilité
qui est la leur devant Dieu et devant l'histoire. Et que justice soit faite.
Synode : Synthèse des interventions du 8 octobre (matin)
Sixième Congrégation générale
Nous reprenons ci-dessous, les résumés des interventions, publiés par la
secrétairerie générale du Synode (traductions de travail, non officielles).
-
- Mgr Marcel UTEMBI TAPA, Archevêque de Kisangani (RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
La dimension politique de la paix invite l'Église qui est en Afrique à
inventer des nouvelles méthodes de présentation de son enseignement social
fondé sur des valeurs évangéliques susceptibles de favoriser la paix et
l'entente entre les peuples. En convenant que la paix est d'abord un don de
Dieu, nous proposons que l'Église qui est en Afrique s'implique davantage
afin que:
La classe politique africaine soit effectivement au service du bien commun.
A cet effet, l'Église devra soigner et renforcer l'accompagnement et la
formation des hommes politiques à la lumière de l'enseignement social de
l'Église.
Soit mis sur pied un programme transversal et œcuménique d'éducation civique
des populations afin de promouvoir la conscience citoyenne et la
participation responsable des populations locales dans la gestion du
patrimoine de leurs pays respectifs.
Organiser les populations et les communautés à la base en vue de cette
participation citoyenne. L'expérience de l'organisation des Comités locaux
de gouvernance participative, qui sont des cadres apolitiques, permettrait
aux communautés locales de se prendre en charge à la base et de participer
au développement de leur milieu en dialogue avec les élus locaux et les
gouvernants. Cela pourrait déboucher sur l'émergence des Liaisons
parlementaires comme structures permanentes de plaidoyer auprès des organes
délibérants chargés d'édicter des lois et de contrôler l'exécutif à tous les
niveaux.
Sur la même lancée, créer un Observatoire sous-régional des politiques
nationales comme laboratoire d'analyse sociale et de prospective, capable de
donner des alertes sur les grandes tendances des politiques mises en oeuvre
et leur conformité à la finalité de la communauté politique qui est le
service du bien commun.
Travailler à l'émergence d'une classe politique responsable et
consciencieuse.
- Mgr Nicolas DJOMO LOLA, Évêque de Tshumbe, Président de la Conférence
Épiscopale (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
En faisant un état des lieux des retombées des guerres et des violences
imposées à la République Démocratique du Congo, l'on est obligé de fustiger
les mensonges et les subterfuges utilisés par les prédateurs et
commanditaires de ces guerres et violences. Le tribalisme sans cesse évoqué
pour rendre compte de ces guerres en République Démocratique du Congo n'est
qu'un paravent. La diversité ethnique est instrumentalisée pour se donner
l'occasion de piller les ressources naturelles.
Nous déplorons le fait que la Communauté internationale ne fasse pas assez
pour mettre fin à ces guerres et violences, en s'intéressant suffisamment à
leurs véritables causes: le pillage des ressources naturelles. Elle s'est
limitée à soigner les conséquences des guerres au lieu de s'attaquer avec
détermination et de manière persuasive à leurs causes. Sur la même lancée,
nous déplorons le fait que les souffrances et les vies humaines fauchées en
République Démocratique du Congo par ces guerres n'ont pas suscité la même
indignation et la même condamnation que lorsque cela arrive sous d'autres
cieux. Sinon, comment expliquer la résurgence et la virulence des violences
que l'on continue de condamner du bout des lèvres sans envisager d'actions
efficaces de manière à mettre fin une fois pour toutes aux causes de ces
violences. Ne partageons-nous pas la même humanité?
Dans un monde où il devient de plus en plus évident que nous constituons un
village global, des actions concertées et globales devraient être menées
pour venir à bout des violences faites à l'Afrique par la prédation de ses
ressources, afin de permettre finalement à ce continent, en ce début du
troisième millénaire, de vivre également dans la paix et de se développer
dans la solidarité avec les autres.
A cet effet, nous suggérons que ce Synode convie d'abord tous les chrétiens
au nom de notre foi en Jésus Christ, qui par son sacrifice suprême sur la
croix nous a donné la vraie mesure de la dignité de chaque personne humaine;
et ensuite, qu'il invite tous les hommes et toutes les femmes de bonne
volonté, au nom de notre humanité commune, à condamner et à dénoncer
publiquement les commanditaires des guerres et des violences en Afrique.
Sinon nous sommes complices du mal fait à notre frère.
- Mgr Valentin MASENGO NKINDA, Évêque de Kabinda (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU
CONGO)
L'Église catholique en Afrique inspire admiration et respect même à ceux qui
ne partagent pas son enseignement grâce à la nature et à la stabilité de ses
structures qui reflètent sa nature communionnelle. L'esprit de communion y a
été insufflé dès le début par l'action missionnaire et il y perdure en dépit
de quelques tendances et forces déconstruisantes à éradiquer.
Si certains indices de division provenant du désordre de la cité se
retrouvent également dans le temple, cela est dû entre autres à une mauvaise
compréhension et à l'instrumentalisation des structures de l'Église en
Afrique par certains esprits.
Pour les éradiquer, nous suggérons que cette Assemblée synodale :
- Rappelle le respect de l'esprit et des normes constitutives des structures
de l'Église à tous les niveaux
- Recommande d'éviter dans l'érection des circonscriptions ecclésiastiques,
des plus élementaires aux plus complexes (des CEV, paroisses, diocèses,
régions ecclésiastiques, etc), de faire correspondre celles-ci aux limites
territoriales ou linguistiques tribales ou ethniques afin de faire
apparaître avec évidence l'essence même de l'Église comme famille de Dieu
ouverte à tous ;
- Insiste afin de minimiser les tendances tribalisantes et ethnicisantes en
soignant la formation des fidèles catholiques, des agents pastoraux, des
prêtres et des religieux pour qu'ils s'imprègnent de l'esprit sous-jacent
aux structures de dialogue et de participation de l'Église ;
- Mette un accent très singulier sur la formation socio-politique des
dirigeants laïcs dans la ligne de l'enseignement social de l'Église afin de
les affermir dans la foi catholique pour leur permettre d'agir en politique
et dans la cité comme des artisans de communion et d'unité ;
- Accorde une importance de taille au choix des formateurs dans les maisons
de formation sacerdotale, religieuse, des Instituts Supérieurs de Sciences
Religieuses, des Universités catholiques et ecclésiastiques pour réussir à
insuffler cet esprit communionnel au-delà de tout clivage ethnique et
tribal.
- Redise que dans les provisions canoniques à tous les échelons, l'on nomme
les personnes sans se laisser conditionner par leur appartenance tribale et
ethnique.
- Dans les écoles catholiques et dans les Mouvements d'action catholique,
que l'on recrute des maîtres et des encadreurs imbus de l'esprit ecclésial
dans l'intention d'assurer aux jeunes une vision saine et communionnelle de
l'Église comme famille des enfants de Dieu.
Synode : Synthèse des interventions du 7 octobre (après-midi)
Cinquième Congrégation générale
ROME, Jeudi 8 octobre 2009 (ZENIT.org)
- Nous publions ci-dessous les synthèses des discours des pères du synode
sur l'Afrique, intervenus lors de la cinquième Congrégation générale,
mercredi 7 octobre dans l'après-midi.
Mgr Fulgence MUTEBA MUGALU, Évêque de Kilwa-Kasenga (RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
DU CONGO)
Pour promouvoir une culture de paix, de justice, de réconciliation, de
tolérance, de dialogue et de convivialité au sein de nos populations, les
Églises d'Afrique ont intérêt à utiliser efficacement les médias et à
relever certains défis. À l'heure du numérique c'est un impératif
incontournable dans un environnement médiatique pollué par la manipulation,
la propagande politique, le divertissement peu édifiant et l'activisme des
sectes, mais aussi marqué par l'impérialisme des médias étrangers qui se
proposent en s'imposant.
D'une part, pour être efficace, la communication ecclésiale doit devenir une
priorité pastorale. Pour cela, les moyens de communications sociales doivent
être réellement mis au service de l'évangélisation et eux-mêmes évangélisés.
Il est souhaitable, à cet égard, que nos structures ecclésiales et nos
institutions ecclésiastiques disposent, dans la mesure de leurs ressources
matérielles disponibles, de leurs moyens propres de communications (radios,
journal, bulletin d'informations, site Internet, télévision, téléphone,
etc.) et les utilisent réellement. Face au manque de moyens matériels et
financiers, on utilisera, par exemple, le parrainage avec des organes
médiatiques d'autres continents, ainsi que la solidarité active avec les
personnes de bonne volonté. Les agents pastoraux, en l'occurrence les
évêques, les prêtres et les séminaristes, doivent s'initier à l'utilisation
de nouvelles technologies de la communication et de l'information en
pastorale, particulièrement dans la pastorale de la justice, de la paix et
de la réconciliation. Nos populations doivent, elles aussi, être formées à
l'usage des outils médiatiques avec discernement et esprit critique, à la
lumière des principes éthiques et des droits humains. Quant aux opérateurs
de la communication dans nos sociétés, il impérieux qu'ils soient
sensibilisés sur la déontologie de leur métier et sur la responsabilité qui
est la leur dans la promotion de la paix, de la justice, de la
réconciliation et de la dignité de la personne humaine. Comme nous le
recommande la doctrine de l'Eglise, l'on doit fonder des associations des
communicateurs catholiques.
Quatrième Congrégation générale
ROME, Mercredi 7 octobre 2009 (ZENIT.org)
- Nous publions ci-dessous les synthèses des discours des pères du synode
sur l'Afrique, intervenus lors de la quatrième Congrégation générale, mardi
6 octobre dans l'après-midi.
- S. Exc. Mgr François Xavier MAROY RUSENGO, Archevêque de Bukavu
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO)
Partant des dégâts causés par les guerres et les violences dans l'Est de
notre pays, la RD Congo, et plus spécialement dans notre archidiocèse de.
Bukavu, nous estimons que la réconciliation ne pourrait plus se limiter
uniquement à l 'harmonisation des relations interpersonnelles. Elle doit
inéluctablement prendre en considération les causes profondes de la crise
des relations qui·se situent au niveau des intérêts et des ressources
naturelles du pays à exploiter et à gérer dans la transparence et l'équité
au profit de tous. Car les causes des violences dans l'Est de la RD Congo
sont essentiellement les ressources naturelles.
A cet effet, nous rappelons le travail que la commission "Justice et Paix"
est en train d'abbattre dans l'archidiocèse de Bukavu pour que la
réconciliation advienne par la reconstruction communautaire.
L'objectif est d'aider les gens à se réconcilier entre eux et avec leur
histoire et à s'engager à bâtir ensemble un avenir nouveau.
Une attention toute particulière est consacrée aux jeunes. Pour eux, nous
proposons des activités récréatives et culturelles susceptibles de favoriser
la réconciliation à leur niveau, grâce à l'implication de tous et de chacun
d'eux dans la reconstruction de leurs milieux de vie.
Cette approche est à appréhendée comme une réponse aux traumatismes
communautaires souvent oubliés afin de rendre les gens responsables et
acteurs d'un changement positif. Elle nécessite le renforcement de l'
éducation à la base et l' organisation des populations en vue d'une
meilleure prise en charge communautaire. Elle requiert également une mise en
place des espaces et des cadres d'échange et de dialogue pour une
participation effective de la population à la gestion des richesses qui
doivent concourir désormais à la reconstruction, au développement, à la
réconciliation et à une cohabitation pacifique.
Pendant que nous prenons la parole durant ces assises, les agents pastoraux
dans notre archidiocèse sont inquiétés par les ennemis de la paix. Une des
paroisses de notre archidiocèse a été incendiée le vendredi 2 octobre 2009,
les prêtres ont été molestés, d'autres pris en otage par des hommes en
uniforme qui ont exigé une importante rançon que nous avons été forcé de
payer pour épargner la vie de nos prêtres qu'ils menaçaient de massacrer.
Par ces gestes, c'est l'Église, restée l'unique soutien pour un peuple
terrorisé, humilié, exploité, dominé que l'on voudrait réduire au silence.
Seigneur que ta volonté soit faite, que ton règne de paix arrive (cf. Mt
10,6).
Deuxième Congrégation générale
ROME, Mardi 6 octobre 2009 (ZENIT.org)
- Nous publions ci-dessous les synthèses des discours des pères du synode
sur l'Afrique, intervenus lors de la deuxième Congrégation générale, lundi 5
octobre après-midi.
AFRIQUE. MGR.LAURENT MONSENGWO PASINYA, ARCHEVEQUE DE KINSHASA (RDC): "Il y
a lieu de reconnaître que l'esprit et la dynamique de la première Assemblée
spéciale pour l'Afrique ont donné une impulsion nouvelle à la vie et à la
mission de l'Eglise en Afrique. Non seulement les Eglises locales ont
accueilli avec enthousiasme l'Exhortation post-synodale Ecclesia in Africa,
qu'elles ont éditée et présentée, mais en outre elles en ont suivi les
directives, les options et les orientations soit pour convoquer des synodes
diocésains, nationaux ou régionaux, soit pour organiser des congrès, des
symposiums ou des séminaires sur le thème-clé d'Eglise-famille de Dieu, ou
encore pour élaborer des projets, des plans et des programmes pastoraux
fondés sur ce même thème... Cette seconde Assemblée spéciale pour l'Afrique
est appelée à engager l'Eglise et la société en Afrique sur le chemin, du
pardon, de la réconciliation et de la paix, grâce à la justice dans la
vérité". |
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