Mgr Joseph Moko
Ekanga,
un évêque pour
l’espérance et la libération

Le
cinquième évêque de l’histoire du diocèse d’Idiofa, Mgr Joseph Moko Ekanga,
a été ordonné évêque le samedi 15 août 2009 sur la place de la cathédrale
saint Kizito à Idiofa. Le consécrateur principal, Mgr Laurent Monsengwo,
archevêque de Kinshasa, lui a souhaité d’être une source d’espérance et de
libération pour le peuple à lui confié.

Sous la protection de la
Vierge Marie
La messe
d’ordination prévue pour 9H n’a commencé qu’à 13H. Dès 8 H, une forte pluie
a arrosé la cité d’Idiofa. Signe de bénédiction, évidemment, ont dit
certains. D’autres ont interprété le signe du ciel comme normal et
traditionnel pour le 15 août, date officielle de l’Assomption de la Vierge
Marie, coïncidant avec la fin de la saison sèche.

Mgr José
Moko a placé son ordination sous la protection de la Vierge. Il a choisi la
date du 15 août, et il a pris pour devise épiscopale la phrase de Marie aux
noces de Cana : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jean 2, 5).

La lettre
de nomination du Saint-Père adressée le 26 mai à l’abbé Joseph Moko, prêtre
de l’archidiocèse de Kinshasa, recteur du grand séminaire bienheureux Jean
XXIII, évoque aussi la protection de la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique.
La lettre du pape a été lue à la messe d’ordination épiscopale à Idiofa en
latin et traduite en français et en kikongo. Sur demande, bien sûr, du
président de la célébration eucharistique, Mgr Laurent Monsengwo, archevêque
de Kinshasa. C’est lui qui a ordonné le nouvel évêque, avec les deux co-consécrateurs
: Mgr Marie-Edouard Mununu, évêque du diocèse voisin de Kikwit et
Mgr Louis Nzala, évêque de Popokabaka et jusqu’alors administrateur
apostolique d’Idiofa.

Six
autres évêques ont imposé les mains à Mgr Moko : Mgr Louis Mbwol, évêque
émérite d’Idiofa depuis 2006 ; Mgr Nicolas Djomo, évêque de Tshumbe et
président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo ; Mgr Gaspard
Mudiso, évêque de Kenge ; Mgr Edouard Kisonga et Mgr Dominique Bulamatari,
les deux évêques auxiliaires de Kinshasa ; Mgr Daniel Nlandu, ancien évêque
auxiliaire de Kinshasa devenu évêque coadjuteur de Matadi depuis février
2009.

Témoins de l’histoire
Les
évêques ont imposé les mains sur leur frère José Moko en présence de
milliers de fidèles venus de partout vivre une ordination épiscopale à
Idiofa après celle de Mgr Eugène Biletsi le 13 septembre 1970. Très peu pouvaient
prétendre avoir été témoins de l’ordination de Mgr René Toussaint le 11 mai 1958
venu d'Ipamu,
localité qui fut le siège du diocèse avant son transfert à Idiofa le 20 juin 1960.
Ordonné évêque en 1984, Mgr Louis Mbwol, le prédécesseur immédiat de Mgr
José Moko, était évêque auxiliaire puis évêque diocésain d’Isangi avant
d’être nommé à Idiofa en 1997.

Pour la
fête du 15 août 2009, les paroisses du diocèse ont délégué des témoins à qui
ils ont confié une contribution en nature et en espèces pour l’organisation
matérielle de la cérémonie. Ils sont venus de toutes les paroisses du vaste
diocèse qui s’étend jusque dans le territoire d’Ilebo, dans la province du
Kasai occidental. Dans la province du Bandundu, le diocèse comprend tout le
territoire d’Idiofa et une partie des territoires de Bulungu et de Gungu.
Les
délégués des paroisses ont vu comment le nouvel évêque d’Idiofa a été
ordonné évêque par l’imposition des mains des évêques et comment il a reçu
sur sa tête l’onction et comment Mgr Monsengwo lui a transmis les insignes de son pouvoir : le
livre des évangiles, l’anneau,
la mitre, la crosse… Des cris approbatifs ont salué chacun des gestes. La
liturgie a bien imposé le silence à la chorale pour que chacun comprenne les
paroles accompagnant chaque geste rituel. A chaque fois, l’animateur
pastoral commis au commentaire a expliqué en kikongo le geste qui allait se
poser.
Dans tout
le diocèse, on apprendra que le nouvel évêque, prêtre de l’archidiocèse de
Kinshasa, né à Kinshasa de parents originaires du territoire de Bagata, dans
la province du Bandundu, a chanté la préface en langue kikongo. Des cris de
joie et de surprise ont révélé assez combien on avait oublié l’histoire :
Alphonse Bossart et René Toussaint, les deux premiers évêques d’Idiofa,
étaient des étrangers. Mgr Louis Mbwol pouvait aussi témoigner du fait
qu’avant d’aller à Isangi comme évêque, le maître des novices des
missionnaires oblats de Marie Immaculée ne parlait pas le lingala, langue
officielle du diocèse d’Isangi. C’est ainsi dans l’Eglise catholique,
aujourd'hui comme hier et demain : nul
n’est étranger nulle part…
« Faites ce qu’il vous
dira »
Le rite
de l’obédience doit en avoir frappé beaucoup. Il a commencé avec le chant
composé pour la circonstance, reprenant la devise épiscopale de Mgr Moko. En
écho aux paroles bibliques, on s’entend rappeler : « faites ce qu’il vous
dira. » Lors de l’ordination sacerdotale, les prêtres ont posé leurs mains
dans celles de l’évêque, et ils ont promis obéissance. Ils renouvellent
l’obéissance à tout nouvel évêque diocésain. Le geste est saisissant. Il
engage la foi. Rien que la foi. Au cours de l’homélie, Mgr Monsengwo a
rappelé l’’essentiel : « Il n’et pas utile ni opportun ni conforme à la
foi catholique de vous attarder sur ses origines humaines ou d’autres
raisons purement humaines pour fonder sur elles votre acceptation de votre
nouvel évêque. Vos liens avec lui sont de nature sacramentelle et
spirituelle. »

Tous les
prêtres diocésains d’Idiofa présents ont donc accompli le devoir. Leur
enthousiasme débordant s’est encore manifesté lors des journées sacerdotales
tenues autour de l’évêque dès le 18 août.
Lors du
rite de l’obédience, Mgr Moko a aussi reçu l’engagement des représentants
des animateurs pastoraux puis d’un homme et d’une femme, puis de deux jeunes
et de deux enfants. Il a aussi reçu les délégués des religieuses et
religieux oeuvrant au diocèse : le provincial des missionnaires oblats de
Marie Immaculée, des délégués des frères de la Société de Marie Immaculée,
des sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux, la supérieure générale des
soeurs de Marie au Kwango, venue de Kikwit, la supérieure régionale des
sœurs salésiennes de la visitation, celle des missionnaires du sacré-cœur,
des déléguées des sœurs de sainte Marie de Namur, et celles des sœurs de la
Providence de Champion.
Au total,
quelque deux cents prêtres ont concélébré à la messe. Ils sont du clergé d’Idiofa
mais aussi de Kinshasa, de Kenge, de Kikwit, d’Inongo, de Matadi, et de
Mbuji-Mayi. Les prêtres religieux étaient oblats de Marie Immaculée,
jésuites, missionnaires du verbe divin, missionnaires du saint-sacrement,
passionnistes.

Parmi les
religieuses, dans l’assemblée, il y avait aussi des sœurs passionnistes et
des sœurs de la charité de Namur venues de Kikwit et onze sœurs de sainte
Thérèse de l’enfant Jésus de Kinshasa conduites par leur supérieure
générale, sœur Charlotte Sumbamanu.

Source d’espérance et de
libération
A
l’homélie, Mgr Monsengwo a rappelé le rôle de l’évêque dans l’Eglise, dans
la succession des apôtres, qui avaient eux-mêmes reçu mission du Christ pour
poursuivre l’œuvre du salut. Mgr Monsengwo a aussi rappelé à l’attention de
Mgr Moko que l’épiscopat n’est pas un honneur mais une tâche à remplir, et
que la première tâche de l’évêque est de servir son peuple. Mgr Monsengwo a
aussi présenté le nouvel évêque d’Idiofa comme un évêque de l’espérance et
de la libération. Il ne s’agit pas de la libération fallacieuse que
prétendent les soi-disant « exorcistes » qui se présentent au diocèse d’Idiofa
et ailleurs sans autorisation explicite de l’évêque. L’assemblée a applaudi
lorsque Mgr Monsengwo a décrit ces « exorcismes » anarchiques : « Ce
genre de soi-disant ministère est en fait une exploitation à des fins
commerciales de l’ignorance et de la crédulité d’un peuple qui croupit dans
une misère noire. »

Mgr
Monsengwo a plutôt prié pour Mgr Moko : « Puisse votre ministère épiscopal
être pour le peuple qui vous est confié une source d’espérance et de
libération ». Espérance dans le Christ ressuscité et libération pour briller
de la lumière de ce Christ.
A Idiofa,
le président de la République Joseph Kabila a été représenté par le
président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab. En le remerciant, Mgr
Moko a révélé que le diocèse d’Idiofa est, dans sa partie est, le diocèse du
député Evariste Boshab. Le ministre des Transports, Pita, originaire d’Idiofa,
a représenté le Premier ministre Adolphe Muzitu. Le gouverneur de la
province du Bandundu, Richard Ndambu, et le président de l’Assemblée provinciale ont aussi
conduit à Idiofa une forte délégation de députés et ministres provinciaux.
Comme il convient, les uns et les autres ont remis l’un ou l’autre cadeau au
nouvel évêque voire au diocèse d’Idiofa.

Dès le
surlendemain de son ordination épiscopale, le mardi 18 août, dans la salle
Bienvenu Noailles du lycée Laku-Lanza, Mgr Moko a présidé trois jours de
journées sacerdotales pour les prêtres diocésains d’Idiofa. C’était
l’occasion d’inaugurer l’Année Sacerdotale décrétée par le Pape Benoît XVI.
Pour Mgr Moko, « l’Eglise marche avec les pieds des prêtres ».