Chers
frères et soeurs,
Pendant
quarante jours, nous avons préparé nos coeurs par la prière, la
pénitence et le partage; et nous voici rassemblés au début de la
semaine sainte pour commencer avec toute l'Eglise la célébration du
mystère pascal. Aujourd'hui, le Christ entre à Jérusalem, ville sainte
où il va mourir et ressusciter par après. Suivons-le dans sa passion et
crions comme les habitants de Jérusalem, avec rameaux en mains : Hosanna
au Fils de David ! C'est le sens de notre procession.
Mais
n'oublions pas que Jésus, sur le chemin du Golgotha, demandait aux femmes
qui le suivaient et se lamentaient : "Ne pleurez pas sur moi !
Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants !"
La
passion du Christ nous renvoie donc à nous-mêmes. Elle nous accule
aujourd'hui à un rigoureux et pénible examen de conscience.
En
cette période délicate et difficile de la Transition, notre pays a
besoin de prophètes à l'instar de Jésus. Des hommes et des femmes qui
choisissent de se mettre du côté des pauvres et des innocents, qui
dénoncent les injustices et prêchent l'évangile de la vérité, de paix
durable et de justice. Jésus s'est dépouillé de tout et a donné sa vie
pour le salut de l'humanité. Il a accepté par amour et fidélité de
porter sa croix et subir les humiliations pour le salut des hommes. Voilà
le modèle de prophète qu'il nous faut en ce temps de la transition nous
conduisant aux élections libres, démocratiques et transparentes.
Nous
serons appelés à choisir, et c'est notre choix libre qui décidera de
l'avenir de notre nation, la RDC. Qui choisir ? N'oublions pas que Jésus
a choisi la voie de la vérité, de l'amour et du don total de sa vie. Il
nous a fait comprendre que le vrai salut des hommes se trouve dans le
service à rendre et dans le don de sa vie au risque de la perdre pour le
bien de tous.
Cependant,
et retenons-le, sur le bois de la croix, il a pardonné à ses
détracteurs et ses bourreaux, et il ira jusqu'à solliciter pour eux le
pardon : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils
font."
En
célébrant aujourd'hui la passion du Seigneur, puissions-nous prendre
part à la souffrance du Christ lorsque nous traversons des moments de
dures épreuves en demeurant fidèles dans la foi et en continuant à
poser des gestes prophétiques. Jésus, qui est la vérité, n'a
pas eu peur du puissant Hérode en le traitant de renard (Luc
13,32). Il n'a pas porté de gants parce qu'Il ne recherchait que le bien
de tous. Notre pays a aujourd'hui besoin de prophètes capables d'être
signe de contradiction sur l'échiquier où s'affrontent la lumière et
les ténèbres.
Abbé
Joseph Lukelu