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Aujourd’hui plus que jamais, la paix est menacée partout dans le monde. La violence, le terrorisme et la guerre compromettent la paix. Or, le Christ a promis à ses disciples le don de la paix tout au début de son ministère dans les Béatitudes. Le seigneur Jésus reviendra sur le même don aux Apôtres au soir de la résurrection, en leur disant : « La paix soit avec vous ». Mes frères et sœurs, Dieu veut la paix pour son peuple. Dans notre pays, à l’heure où nous célébrons cette Eucharistie, des milliers de nos compatriotes sont des réfugiés, des déplacés de leur terre. Que dire de la famine, de la maladie, de l’analphabétisme dus aux conséquences de la guerre que nous ont imposée les agresseurs avec la complicité de nos propres frères ! Au lieu d’être artisans de la paix, nous sommes devenus des semeurs de la mort. Le pays compte plus de trois millions de morts à cause de cette guerre. C’est énorme ! Comment devenir aujourd’hui artisan de paix, tel que nous le demande le Christ dans le texte des Béatitudes que nous venons d’écouter. Être artisan de paix, ce n’est pas seulement être pacifique ou pacifiste, mais c’est s’engager par des gestes concrets en faveur de la réconciliation entre les hommes. C’est entreprendre des actions pour que les hommes se rencontrent en vue de bâtir ensemble la cité terrestre, c’est promouvoir le bonheur de son frère et de sa sœur, c’est agir quotidiennement en faveur d’une coexistence pacifique entre les peuples. Être artisan de paix signifie ne jamais se laisser gagner par la tentation du découragement, même si la guerre continue malgré de multiples accords de paix signés, mais jamais appliqués. Même si l’horizon semble sombre, le chrétien ne peut pas se décourager, car il croit que la paix vient de Dieu et qu’il l’accorde toujours à ses enfants qui s’engagent à la promouvoir et la demandent. Être artisan de paix selon les Béatitudes consiste à s’impliquer concrètement dans le dialogue sincère pour les intérêts communs et non la recherche de son bonheur personnel en se rendant sourd au cri de la misère de son peuple. Nous nous rendons compte combien nous sommes devenus indifférents aux sorts de nos compatriotes qui souffrent. Nous sommes appelés à une plus grande solidarité pour nous rendre proches de ceux et celles qui sont blessés sur la route de la vie. Briser les barrières des divisions raciales, sociales, cultuelles et culturelles en vue de construire une seule famille de Dieu peut devenir une façon concrète d’être un artisan de paix. En effet, dans un pays comme le nôtre, qui connaît plusieurs sortes de différences (régionales, linguistiques), promouvoir tous ces trésors pour en constituer une richesse peut constituer un acte héroïque, digne de louange. Lutter pour la cohésion nationale dans ce merveilleux pays que le Seigneur nous a donné gratuitement est un acte que chacun de nous devra poser là ou règne la division ou la haine (chant : Là où règne la charité …). Pour construire une paix durable, l’Encyclique Pacem in terris du Bienheureux Pape Jean XXIII indiquait quatre piliers, qui sont la vérité, la justice, l’amour et la liberté. Comment ne pas provoquer la guerre si on vit dans le mensonge ? Comment connaître la paix si les droits fondamentaux sont bafoués ? Comment goûter la tranquillité là où les hommes ne s’aiment plus sincèrement ? Comment vivre dans la paix là où les puissants écrasent les faibles, là où la sécurité des biens et des personnes n’est pas assurée ? Voilà la mission que nous confie le Seigneur aujourd’hui : nous devons nous engager, quoi que ce geste coûte, à promouvoir l’entente entre les hommes. C’est notre devoir de pasteur et notre obligation de chrétien. Il y va de notre fidélité à l’Evangile qui est lumière de notre vie. Être artisan de paix enfin, c’est faire régner la paix dans le cœur, pour reprendre l’idée de saint Paul que nous avons suivie dans la première lecture. Le chrétien a un cœur tendre, bon, humble, doux, patient et prêt à pardonner les offenses. Chacun est appelé à créer cette paix intérieure indispensable qui nous permettra de rassurer nos frères et sœurs angoissés par la dureté de la vie. Cette paix intérieure est possible pour ceux et celles qui s’enracinent dans le Christ par la prière, l’écoute attentive de la parole de Dieu qui pacifie le cœur et la réception digne des sacrements de l’Eglise. Excellences Messeigneurs les
Archevêques et Evêques, Face aux conflits actuels dans notre pays et aux menaces de guerre dans le monde, nous devons prier pour que les hommes puissent trouver des moyens pacifiques pour résoudre la crise. La prière est notre seule arme. Demandons cette paix à travers la récitation du Rosaire, car « elle est une prière orientée par nature vers la paix, du fait même qu’elle est contemplation du Christ, Prince de la Paix et « notre paix » (Ep 2, 14). Celui qui assimile le mystère du Christ - et le Rosaire vise précisément à cela -, apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie » (Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, n. 40). Par Marie, Mère du Prince de la Paix, implorons la paix pour le monde, pour notre cher pays. Que notre Mère du ciel accompagne chaque Evêque jusqu’à son Diocèse. Amen. + Frédéric Cardinal ETSOU
NZABI BAMUNGWABI |
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